La Torpille et La Radiographie

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La Radiographie avait soif et ne se sentait pas dans son assiette.

– « La profondeur de ces espaces infinis m’ennuie » se dit-il ; « il faut que je me divertisse ».

Et le voilà parti à la recherche d’une bonne bouteille susceptible de maquiller en rose ses vieilles lunes.

C’est Tudor qu’il a pris pour taxi. Tudor la Torpille, comme on le surnomme gentiment, car s’accrocher à son corps c’est comme braver la mort tant il file et se faufile vite entre les mondes.

Dans ce monde-ci, voyez-vous, on ne voyage pas comme nous et je vous défie de chevaucher Tudor : il n’aime pas ça. 

Mais c’est un bon garçon qui apprécie La Radiographie (surnommé ainsi parce qu’on lui voit les os sous la peau) dont les comportements débridés et les foucades cinglées le font rêver lui qui est plutôt d’un naturel réservé.

En bon copain, La Torpille s’est accroché au flanc une balançoire, fragile nacelle pour qui ose s’y asseoir et n’a pas peur de s’envoyer au ciel.

Tudor La Torpille se sent, dans l’espace, comme un poisson dans l’eau. Libre et en apesanteur il aime aller de lunes en lunes pour observer, toujours un peu de loin, les planètes bleues, les planètes rouges et mêmes celles, un peu vertes, qui abritent des fleurs vénéneuses.

Mais à deux, c’est mieux. Alors, lorsque La Radiographie l’appelle, il enfile sa balancelle et avanti  ! La Torpille, avec La Radiographie accroché à ses basques, se lance dans une folle tournée des grands ducs. Et cette journée si mal commencée pour la Radiographie se mue en apothéose. 

Ils ont trouvé un troquet où se désaltérer : « A l’étoile bleue » et un monde merveilleux -quoiqu’un peu ambigu- où flotte des parfums délétères. Le firmament brille de mille feux… l’heure est à la poésie.

– « La profondeur de ces espaces infinis m’enivre », dit La Radiographie « et j’aimerais m’y perdre à jamais »…

– « Qu’à cela ne tienne ! », lui a répondu Tudor, « accroche-toi je t’emmène ».

Et, telle une torpille, ils ont filé vers l’inconnu.

Mais j’ai eu le temps de les apercevoir.

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Format 30 x 30 cm

pour l’exposition « Ivresses » du 11 janvier au 14 mars 2020

Galerie Nocogo à La Chartre sur le Loir

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