Ode à la mal aimée

Bon, à l’évidence vous n’avez pas aimé ma précédente mise en scène arachnéenne ; il y en a même qui sont parties pour ne plus jamais revenir, si, si !!!

Pourtant je le trouve très beau ce poème et ma photo de dentelle perlée n’est pas si mal non plus.

Tant pis, voici quand même l’histoire de Philomène (et rassurez-vous, si j’aime l’araignée, je n’aime pas les araignées… Ah !)

*******

Philomène a de la peine ce matin, et même un gros chagrin.
Elle a pleuré et toutes les larmes de son corps font, dans la rosée, comme un chapelet de perles qu’illumine l’aurore.
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Pourtant d’ordinaire elle est amène, Philomène, et joueuse et joyeuse.
Elle aime gambader dans la forêt, sauter de branche en branche, faire des sauts périlleux et, plus que tout, se balancer.
Et comme n’importe quelle demoiselle, elle rêve d’attraper le Prince Charmant dans ses filets… 

Et peu importe les quolibets de ses compagnes de jeux qui, avant-hier encore, répétaient à l’envie en tournant autour d’elle :
« Hou ! Hou la vilaine ! Elle est plus laide et plus ridée qu’une vieille araignée ! »

Le cœur de Philomène saigne, et ses parents ne peuvent la consoler.
Même sa maman, la belle Phylactère, tant admirée, qui ne cesse pourtant de lui répéter qu’elle sera plus belle qu’elle, ne peut la calmer.
Philomène se désespère et son père aussi qui sait le mal bien plus profond et plus ancien. 

Son père, on l’appelle Philodendron car malgré son aspect repoussant il adore les fleurs et les édredons et que même s’il est d’un naturel un peu bougon et très grognon, il est finalement assez gentil.
Mais en l’occurrence, cela ne suffit pas à faire naître un sourire sur les lèvres de la douce Philomène.

Pourtant, à eux trois, ils ne sont pas si malheureux et forment une famille comme il y en a tant sur terre, qui tisse sa vie comme elle le peut en pensant au lendemain, sans trop se préoccuper de l’avenir même si, pour eux comme pour vous et moi je suppose, parfois la faim justifie les moyens…

Je sais, ce n’est pas très glorieux et devrait nous inciter à plus de mansuétude à l’égard de tout ce petit monde grouillant qui nous entoure mais, et je ne vous apprends rien, il y a loin du rêve à la réalité !

Et Philomène, si elle se rend compte que sa vie ne tient qu’à un fil et qu’il lui faudra mener une existence de funambule aussi longtemps que les Moires inexorables retiendront leurs ciseaux, n’est pas la dernière à danser et à rire.xl0pwpqebtvbo2x0tlbq6z8c_4o250x335

N’empêche ; la pauvre enfant ne supporte plus la peur irraisonnée qu’elle inspire ; une peur si rarement justifiée qu’elle en devient injuste et cruelle, une peur qui nous empêche d’apprécier sa beauté, son adresse et son ingéniosité et qui l’attriste au point de la faire sangloter dans les premières lueurs de l’aube.

Vous me direz qu’il n’y a pas de beaux chats pour les souris… je vous répondrai que nous admirons tout de même les lions. Alors…

Alors, est-ce parce qu’elle est toute petite que nous n’aimons pas Philomène ?
Peut-être aussi, mais pas seulement.
C’est surtout parce qu’elle est trop différente et que nous la connaissons trop peu, cette araignée dont la toile brille aux premières heures du jour.

Mais n’y pensons plus. On m’a dit que ce matin, en dévidant son fil, Ariane, distraite et par inadvertance, l’a écrasée…

Heureusement, il nous reste le poème de Victor Hugo !

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Promis, la prochaine fois que je vous parlerai d’araignées, il s’agira de roses araignées !

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