Le Grand Chantier – épisode 5

Voici venu le jour tant attendu de votre feuilleton mensuel !
Aujourd’hui : « Ce qui devait arriver… » 

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 DONC…

 

Du haut de ce phare improbable, dressé au milieu de nulle part, la vue portait si loin que Camomille apercevait, au loin, un dogre à la proue étrangement décorée d’un dodo flamboyant qui dodinait sur les vagues tandis que l’équipage remontait un filet débordant de doguets.


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Tout autour, en nuées agitées, des docimastes affamés piaillaient sous le soleil ardent. Et, à l’horizon, le ciel et la mer se mélangeaient.

Levant des yeux interloqués, Camomille se répéta : « n’en déplaise aux apparences, ce drôle de chemin ne te mènera pas au ciel !».

 

C’est alors que ce qui devait arriver arriva !

 

Soudain, dans un silence fracassant, le ciel, sans doute brisé par trop de soleil, éclata en mille doloires d’azur qui s’abattirent tous ensemble, dolant les flots ourlés d’écume.

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Photo Internet

Et sous les coups, l’océan fustigé, s’enfla en une énorme vague et se jeta à l’assaut du sémaphore…

Je ne sais ce que vous auriez fait à sa place, mais Camomille est ourse et n’en peut mais. Depuis que le monde est monde et que les ours y vagabondent, moins encore que les chattes, l’ourse – lorsqu’elle n’est pas blanche – n’aime l’eau que très modérément et presque exclusivement pour faire sa toilette.

Alors, sans demander son reste, notre charmante mastozoaire plantigrade des pattes arrières s’enfuit et s’engouffre dans le phare. Affolée, elle dévale quatre à quatre l’escalier en colimaçon au grand dam des chauves souris qui virevoltent dans l’ombre.

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Elle descend, elle descend, elle descend et la tête lui tourne et elle perd l’équilibre et elle roule et débaroule ballotée en tous sens.

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Elle sent que sa tête va éclater et, déboussolée, elle ferme les yeux et se laisse emporter !

Et le temps suspend son vol…

 

Je vous en supplie, soyez affectueux ; Camomille n’aimerait pas que l’on ébruitât la mésaventure que je vous conte là et vous devriez le comprendre. Ce genre de chose n’arrive pas qu’aux autres ; un moment d’inattention est trop vite arrivé et, après, nul ne sait ce qui peut se passer. Vous pouvez vous livrer aux disquisitions les plus alambiquées et aux disputations les plus sophistiquées, le fait est là.

Bref, au bout d’un certain temps difficile à mesurer et sous l’effet d’une relative fraicheur, bien que la tête lui tourne encore, Camomille entrouvre, puis ouvre et enfin écarquille des yeux effarés…

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Devant elle, une flaupée, que dis-je, une armée de sporophores l’entoure avec, juste sous son nez, à peine croqués, quelques psilocybes* embaumant la rosée.

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 «Inéluctable» pensa-t-elle.

*psilocybe : champignon hallucinogène.

 

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