Le Grand Chantier – épisode 4

Voici venu le dernier jour du mois, le jour du Grand Chantier, voici venue la suite des aventures de Camomille l’ourse gourmande.
L’épisode précédent est ici, les consignes du mois et la page de mots anciens tirée au sort sont ici.

DONC :

 

«Renversant, vraiment !», murmura Camomille les yeux écarquillés.

Là, devant elle, à mille lieues de la mer, loin, très loin du plus proche océan, un phare s’élançait au-dessus de la forêt, illuminant la canopée de son feu à éclipse toutes les vingt secondes ! Un sémaphore qui ne datait visiblement pas d’hier, mais n’était assurément pas là la veille !

hlqp-binspiuos4rtjhv_uram4

En s’approchant, Camomille vit que la porte, à sa base, était entr’ouverte…

«Aujourd’hui est un grand jour, il se fait tard et je suis déjà en retard»,

se dit-elle. Mais comment résister ?

Camomille est ourse et n’en peut mais.  Depuis que le monde est monde et que les ours y vagabondent, plus encore que les belettes, l’ourse est curieuse.

Et même Mathurin n’y peut rien.

a3pvvg46y7ceqcbgmkgl4mb2qhq

Alors sans demander son reste notre mastozoaire plantigrade des pattes arrières abandonne le chemin, se faufile entre les arbres, dérange un nuage de mars qui virevolte au-dessus d’un champ de lys martagons, gagne l’entrée du phare, se glisse sous le massacre hideux qui en surmonte la voute, se saisit d’un martinet qui trainait là, l’allume et, tenaillée par la curiosité, s’engouffre dans l’escalier obscur qui monte, qui monte, qui monte…

Derrière elle, le vent a refermé la porte mais elle n’en a cure ; elle monte, elle monte, elle monte… et la tête lui tourne à force de grimper dans cet escalier en colimaçon.

Camomille est fatiguée et s’apprête à renoncer lorsqu’enfin, après ce qui lui a paru une éternité, elle débouche sur le balcon qui entoure la lanterne et là…

Je sais que vous n’allez pas me croire et pourtant Camomille me l’a confirmé cent fois.

Lorsqu’elle est sortie sur le balcon, le ciel était d’un bleu profond et rien – aucune terre, aucun arbre – ne s’interposait entre le phare et l’horizon ;  pas de forêt, pas de champignons au pied du sémaphore mais des vagues et, à perte de vue,  l’océan !

01jdthcim4qq_qipjmlaaqplmyw

«Camomille», se dit-elle, «n’en déplaise aux apparences, ce drôle de chemin ne te mènera pas au ciel !»

o2w5hanswm8gekzrba5nthtoga8

La suite le 31 mai.

Et par ICI, les autres Grands Chantiers…

 

* Montages photos réalisés à partir d’images du Net 

1 réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s