Impression, Claude Monet à Paris

Le ciel était d’un bleu sans fard lorsque nous sommes allés voir, au Grand Palais, la rétrospective Monet.

La foule, pourtant trop dense, ne nous a pas empêchés d’apprécier cette exposition très bien présentée. Et même si les textes et les citations qui accompagnent les œuvres permettent de bien les regarder et les comprendre, nous n’avons pas regretté nos audio guides et leurs commentaires plus détaillés (ce n’est pas toujours le cas).

Ce qui nous a frappés ? L’extraordinaire fécondité de l’artiste, l’acuité de son regard et cette capacité à rendre le fugace dans son instantanéité. C’est difficile à expliquer mais c’est un peu comme si Monet arrivait à fixer ce qu’il voit sans le figer ; la lumière, en particulier, dont il semble percevoir et traquer, dans ces séries notamment, les moindres variations.

Le fait de voir quelques séries rassemblées, éclaire – sans jeu de mot – le travail de l’artiste et c’est, à nos yeux, un des points forts de cette exposition avec la juxtaposition de toiles peintes au même endroit, sous le même angle, mais à vingt ans d’intervalle.

 

D’un côté on voit avec quelle précision et quelle vérité Monet traque le reflet des choses et, de l’autre, on voit comment, en vingt ans, son regard s’est épuré, s’est débarrassé de la représentation du sujet pour aller chercher, loin du dessin et de la perspective, dans la couleur et presque dans l’abstrait, la présentation d’une simple et pure impression…

Et puis, quand on a vu les meules s’embraser, on ne regarde plus de la même façon un tableau de Monet. Il avait bien raison, Cézanne, qui disait de Monet : « un œil… mais, bon Dieu, quel œil ! »


w5zvrisf0hp7vidtkzaosv4rxbs

Bravo donc pour cette exposition qui parvient à affiner le regard que nous, les néophytes, nous portons sur les toiles de Monet.

Et pour le vérifier, en sortant du Grand Palais, nous avons marché sous un ciel toujours aussi bleu et un soleil toujours aussi radieux, bien que le vent soit glacial, jusqu’au jardin des Tuileries et au musée de l’Orangerie pour admirer les Nymphéas.

Pour nous plonger dans les nymphéas faudrait-il dire.

  2otj36hbglgmvqk0jy0gm_siviw

Quel calme soudain, en ce lieu un peu magique et propice à la méditation, ces deux ovales contiguës qui dessinent le signe de l’infini et où la foule semble se dissoudre comme par miracle.

g5qjbdkm85ebuhkhcj-7qwqpvfa

Après la cohue du Grand Palais, la fumée des trains peints par Monet, l’effervescence du monde, les yeux, ici, se perdent au milieu des nymphéas qui flottent dans la lumière et l’esprit s’évade…

Une bien belle expérience.

Osons le dire : nous sommes sortis impressionnés !

 

1 réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s