Par les chemins de Compostelle : le retour # 2

Des merveilles, il y en a bien d’autres sur le chemin et nous aurions aimé nous attarder ; mais il fallait rentrer. Alors, en nous promettant de revenir, nous avons décidé de nous limiter à trois étapes.

Fromista d’abord, pour son église Saint Martin bâtie en 1066. Dans sa forme, elle est parfaite et ses chapiteaux sont richement ornés de scènes bibliques mais aussi, ce qui est rare dans la sculpture romane, mythologiques. L’ensemble est remarquablement harmonieux. Sous un soleil de plomb, dans cette région aride, se fut une halte précieuse.

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Plus loin, au centre de la vieille Castille, nous avons consacré quelques heures à la visite de Burgos. Burgos, la ville du Cid et de Ximèn,

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avec sa cathédrale, la troisième d’Espagne après celles de Séville et de Tolède,

son paseo del Espalon, ses grandes places accueillantes et le calme de son quartier ancien.

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Nous avons eu la chance de traîner dans Burgos un jour de fête avec défilé de musiciens dans les rues, bénédiction d’une nouvelle cloche pour la cathédrale, match de foot historique et feu d’artifice ; l’ambiance était joyeuse et la foule dense, mais, est-ce le caractère de ses habitants ou une caractéristique inhérente au lieu, la vieille ville nous a paru, malgré tout, étrangement calme.

On comprend les pèlerins qui s’efforcent d’y rester plus d’une soirée. Par la richesse de son patrimoine et la douceur de l’accueil que l’on y trouve, Burgos est une belle halte sur le chemin.

Notre seule déception c’est peut-être, après avoir vu le tombeau du Cid et de Chimène baignant dans la lumière d’une magnifique tour lanterne en forme d’étoile de la cathédrale, d’avoir appris que le Cid Campeador n’était pas vraiment tel que la postérité l’a transmis.

Corneille est un sacré bonimenteur et s’est plus inspiré de Guillèn de Castro – qui a contribué à la légende en donnant de l’histoire du Cid une version romancée dans Las Mocedades del Cid – que de la réalité. Le Cid qui nous a tant ému, celui dont  la valeur n’attendait pas le nombre des années, était certes, dans la réalité, un brillant capitaine d’armée au courage sans égal. Mais c’était aussi et surtout un mercenaire qui n’a pas craint, après avoir servi le roi de Castille, de mettre son bras au service des maures et de se battre avec succès contre les armées chrétiennes avant de revenir au service de son ancien suzerain. Certes il avait été banni par Alphonse VI dont il disait – peut-être à bon escient –  du mal ; mais tout de même, ses changements de camps cadrent mal avec l’image que nous en donne Corneille !!!

Cela dit, la version romancée est plus riche de sens et fait plus rêver ; alors tant pis pour la vérité et vive la légende !

Le temps se faisait pressant ; il nous fallait rentrer. Mais impossible de ne pas faire un ultime détour du côté de la capitale de la Rioja Alavesa : Laguardia,  cette ville Basque sur le chemin des cigognes, adossée aux montagnes Cantabriques juste à la frontière de la Navarre et de la Castille.

Fleuron de ce bourg médiéval admirablement conservé, le magnifique portail polychrome gothique de l’Eglise Santa Maria de los Reyes justifie à lui seul le voyage.

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Imaginez un portail gothique richement sculpté au 12° s. dont la polychromie a été refaite au 17° s. en même temps que l’on construisait un portique le protégeant des intempéries. Une polychromie qui n’a pas été retouchée depuis et dont les couleurs sont tout simplement intactes. C’est unique au monde et c’est très beau : un vrai joyau de l’art gothique. On resterait des heures à le contempler. Tous les détails sont admirables de vérité. Le déhanchement de Santa Maria de los Reyes portant son enfant, sa cambrure lors de l’Annonciation et de la visite à Elisabeth, les anges musiciens… C’est incontestablement une merveille.

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Et le village, tout autour, qui domine les plaines de la Rioja est très sympathique. Nous étions tentés d’y rester plus longtemps, mais l’heure avançait et la France nous attendait…

 

C’est à regret que nous avons quitté l’Espagne Atlantique, cet ensemble de régions vraiment spécifiques qui dresse de l’Espagne un autre portrait, plus rude et non moins vrai que celui qui se dessine dans le Sud.

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Mais il nous reste une fragrance pour accompagner nos souvenirs : celle du plant de basilic que l’on nous a offert à Arles, qui ne nous a pas quitté tout au long du chemin et qui, maintenant, embaume notre jardin !

 

 

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