Rias Baixas : de la ria de Muros y Noia à la ria de Arousa

 

Les Rias Baixas (Bajas) tranchent avec le reste de la Galice ; ici la terre s’ouvre à l’océan et l’accueille. La rudesse de cette province, bien que toujours présente, s’adoucit. Au fond des rias, l’océan pacifié offre ses coquillages et la terre ses vignes.

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Nous avons longé la côte de la ria de Muros y Noia à la ria de Vigo, en passant par la ria de Arousa et la ria de Pontevedra. Les paysages sont magnifiques et, tout du long, mille curiosités retiennent l’attention. Qui mieux est, la pluie nous a épargnés ; c’est vous dire si nous avons aimé !

Notre balade nous a permis de faire de belles découvertes.

Au bord de la ria de Noia, près de Porto do Son, se trouve le Castro de Barona.

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Il faut se garer sur un parking à droite de la route et prendre un sentier qui, à travers la pinède, mène en 10 minutes aux ruines d’un castro qui fut habité jusqu’au 5° siècle. On atteint ainsi très agréablement un village celte fortifié construit sur une pointe granitique battue par l’océan dont les vestiges sont très explicites.

Juste à côté, à Olveira, on peut admirer un autre vestige de cette civilisation celtique : un très beau dolmen.

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Un peu plus loin, avant d’arriver à Ribeira, se trouve la Dune (protégée) de Corrubedo.

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C’est une dune mobile de 1 ou 2 Km de long dont la hauteur n’est plus que de 15 mètres. Pour préserver la faune et la flore et arrêter l’hémorragie du sable, le site a été déclaré parc naturel et il est désormais interdit de l’arpenter. N’empêche, c’est beau et singulier.

Et puis, au fond de la très belle et très découpée ria de Arousa, il y a PadrÒn, une ville illustre à  plus d’un titre.

D’abord c’est là que s’échoua, si l’on en croit la tradition, la barque dans laquelle les compagnons de l’apôtre, après son martyr à Jérusalem, avaient déposé la dépouille de Saint-Jacques.

Vous vous demandez pourquoi les anges ont guidé la barque jusque là ? Parce que l’apôtre Jacques avait reçu pour mission (impossible) de répandre la bonne parole auprès des peuples celtes et qu’il était venu là, à PadrÒn (que l’on nommait à l’époque Iria Flavia) avant de s’en retourner en Palestine avec seulement neufs (certains disent même deux) conversions à son actif.

 

Et les pèlerins viennent toujours se recueillir devant la pierre à laquelle la barque fut amarrée, pierre qui se trouve maintenant sous le maître-autel de l’église Santiago.

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Il paraît qu’autrefois, les prêtres de l’église donnaient aux pèlerins, pour preuve de leur venue, une coquille Saint Jacques… À moins que les pèlerins ne les aient ramassées eux-mêmes sur la plage !

Aujourd’hui l’océan s’est retiré et il n’y a plus de coquilles dans le rio qui traverse PadrÒ n. Mais ici, comme à peu près partout le long des chemins de Compostelle, on trouve des marchands qui proposent des coquilles, des bourdons et des calebasses « made in China » !

Ensuite, PadrÒ n est connue dans toute l’Espagne pour ses petits piments verts et doux qui sont délicieux simplement revenus dans un peu d’huile d’olive. La saison commençait comme nous arrivions ; autant dire que nous nous sommes régalés. « Pas un de piquant ; pas un seul ! » nous ont dit les deux vieilles dames qui, assises sur leur chaise au bord de la rue, nous les ont vendus. Pour nous la Galice aura toujours le goût de l’albariño, l’odeur du poulpe et le parfum des petits piments verts de Padròn.

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À propos du poulpe, savez-vous que ce n’est pas un plat du bord de mer ?  À en croire certains galiciens, les pécheurs, il y a de cela bien longtemps, ne savaient pas que faire des poulpes qui encombraient leurs filets. Ils eurent l’idée de les vendre à vil prix aux paysans de l’intérieur des terres qui en faisaient… de l’engrais ! Mais la vie était très rude en ce temps-là et les paysans avaient souvent faim. Alors, en désespoir de cause, ils imaginèrent de manger cet engrais qui leur coûtait si peu cher. Et comme les galiciens sont bons cuisiniers, ils surent l’apprêter. Les pécheurs finirent par découvrir le pot aux roses et se mirent, eux aussi, à en manger… Et les prix ont grimpé ! Mais ça reste raisonnable.

 

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