Oviedo

 

À 20 Km de Gijón, à l’intérieur des terres, Oviedo est la capitale administrative des Asturies. Elle succéda en 810 à Cangas de Onis comme siège du royaume des Asturies et fut le véritable berceau de la Reconquête.

En 1934 elle connut une insurrection ouvrière ; les mineurs s’en emparèrent et installèrent un commandement révolutionnaire provincial. Puis elle fut reprise par les troupes gouvernementales. En 1936, alors que la garnison soutenait Franco, l’ensemble des Asturies resta fidèle à la République et la ville fut l’enjeu des deux camps et subit encore de nombreux dégâts. D’où la nouvelle ville. Mais le cœur ancien conserve tout son charme avec les calles de la Rúa, Canoniga, Santo Domingo (ou Oscura) et les ruelles adjacentes.

 

Oviedo, c’est une vieille ville, qui jouxte la ville moderne et largement piétonnière, animée par un nombre impressionnant de statues de toutes factures ; une vieille ville ponctuée de très belles places où il fait bon flâner le soir.

 Celle de la cathédrale, bien sur, mais aussi celle de Trascorrales avec ses maisons multicolores et sa marchande de lait. Enfin, celle de Daoiz y Velarade, dans le quartier El Fontán, où semble se concentrer toute la vie de la ville.

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Dans le patio du « marché ancien », où les débits de boisson s’agglutinent au coude à coude, on sert dans des verres larges, bras levé et les yeux dans le vague, l’incontournable cidre des Asturies.

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Il faut flâner dans la vieille ville pour découvrir ses nombreux monuments et rentrer dans la cathédrale San Salvador, de style gothique flamboyant, pour admirer la chapelle du « Roi chaste » avec une belle coupole octogonale richement sculptée, un splendide portail intérieur et l’immense retable du maître-autel en bois sculpté doré et polychrome édifié entre 1511 et 1531, qui raconte la passion du Christ et la vie de la Vierge sur 12 mètres de haut et 12 mètres de large. Sans oublier sur le flanc gauche, dans la chapelle del Santisimo, la statue de Saint Pierre tenant une clé en fer dans sa main droite. Les pèlerins en route pour Compostelle s’arrêtent ici pour tourner deux fois cette clé qui doit leur ouvrir les portes du Paradis…

 

Côté droit, nous recommandons un petit coup d’œil à la Camara Santa, l’église primitive du IX° siècle, détruite lors de l’insurrection de 1934 et partiellement restaurée, dont nous avons aimé les colonnes sculptées figurant les apôtres conversant et, tout en hauteur, une expressive tête du Christ.

 

Et puis surtout, il faut visiter les églises préromanes d’Oviedo qui, à elles trois, méritent le voyage !

 

San Julián de los Prados, la plus ancienne (moitié 9° siècle), avec ses fresques façon grecque (le dessin est creusé avant d’être colorié), présente un magnifique décor de style romain avec pour seule évocation religieuse la croix à quatre branches égales. On  retrouve les triples arcades et les claustras typiques de l’art asturien.

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La responsable du lieu nous a donné de nombreuses explications avec beaucoup de gentillesse. Dommage que cette magnifique église soit encerclée de très près par la ville, l’université (qui a quatre siècles d’existence), et… l’autoroute !!

 

Plus loin, au sommet de l’avenida de los Monumentos, perchée sur une colline qui domine la ville et quasi introuvable tant c’est mal signalé, il faut absolument aller voir l’église de Santa Maria del Naranco tout d’abord.

Comme celles de San Miguel de Lillo et de San Salvador de Valdedios, c’est le vestige d’un style original, point de rencontre de l’héritage wisigoth et classique influencé par les arabo-musulmans.

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À l’origine palais d’été du roi asturien Ramire Ier, avec salle de bain et salon de réception, elle fut transformée en église peu après sa construction au IX° siècle.

Clefs de voûte en T, rythme différent des arcades, colonnes torsadées, médaillons ornant les arches, chapiteaux extérieurs superbement travaillés, répétition du décor… avec ses deux loggias c’est un modèle d’art préroman asturien vieux de 2200 ans.

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San Miguel de Lillo justement, à 5 mn au-dessus, tronquée de 20 mètres, est aussi très intéressante avec ses fresques polychromes, ses belles fenêtres sculptées et les arches du Coro au 1er étage.

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Les montants des portes, de part et d’autre de l’entrée, présentent un même décor : un consul en compagnie de ses dignitaires qui laisse tomber son mouchoir pour déclarer les jeux du cirque ouverts avec, au-dessous, un lion, son dompteur et un trapéziste. Même si l’ensemble n’a pas très bien résisté au temps, il reste très attachant.

Trois trésors d’architecture, admirables, inoubliables ; un vrai bonheur.

 

 

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