Entre les tours de Bruges et Gand : dernier temps de la valse

 

Comment vous dire Bruges ?

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À nos yeux, et malgré son charme indéniable, cette petite ville mérite moins qu’Amsterdam le titre de Venise du Nord ; peut-être parce que ses canaux n’ont plus d’autres fonctions que touristiques.

qij0y2up6gtwygrzpm2fqixjf-yEt puis c’est une ville discrète. L’âme de Bruges ne s’impose pas, ou alors le soir venu, lorsque les rues se vident et les canaux s’assombrissent.

Autant dire que Bruges demande qu’on s’y attarde et que l’on y flâne quelques jours, que l’on s’y perde aussi jusqu’à en oublier le côté « carte postale ».

Vous l’aurez compris, ce ne fut pas un coup de foudre, mais nous avons finalement beaucoup aimé Bruges, son centre historique et ses musées.

Du Lac d’Amour au Centre de la Dentelle, sans trop s’éloigner du canal qui traverse la ville historique du sud au nord, égrenons nos coups de cœur.

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C’est une bonne idée d’aborder la visite par le Minnewater, un des bassins de l’ancien port aujourd’hui nommé lac d’Amour. Du pont situé juste à côté du Poertoren, une tour qui servait autrefois à stocker la poudre à canon, on a une belle vue sur le bassin et, au fond, la maison éclusière qui permet d’accéder au canal.

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Juste derrière se cache, protégé par de hauts murs, le « Béguinage de la vigne », enclos paisible fondé en 1245 par la comtesse de Flandre et fermé le soir par une très belle porte. Les maisons des béguines et l’église entourent un grand champ planté d’arbres et semé de jonquilles. Nous sommes arrivés un peu trop tard, mais ce devait être très beau lorsqu’elles étaient en fleurs.

Nous avons pris plaisir à visiter la maison de Béguine avec sa cuisine, son salon et sa chambre au fond du jardin. Une vraie maison spacieuse et lumineuse qui n’a rien de monacal même si elle est très simple. Un lieu calme et retiré d’où émane une réelle sérénité.

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Un peu plus loin, dominés par la très belle tour en brique de l’église de Notre-Dame qui culmine à 122 mètres, deux musées méritent une visite. Celui de Memling installé dans l’ancien hôpital Saint Jean  et le musée Groeninge. Car, ne l’oublions pas, Bruges est le berceau de la peinture flamande et l’on peut admirer là quelques-unes des œuvres marquantes de Van Eyck, Petrus Christus, Van der Goes et Memling, pour ne citer que ceux-là.

 

Mais reprenons notre chemin ; la Grand-Place est presque à deux pas, avec ses Halles et son Beffroi (encore une tour, massive celle-la, datant du 14° siècle), ses immeubles néogothiques et ses terrasses de café, sans oublier les deux friteries les plus renommées de Bruges !

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C’est une belle place pleine de monde mais qui, lorsque nous y sommes allés, était encombrée par des gradins montés là en prévision de la procession du Saint-Sang. Mais bon, on a pu se faire une idée et du coup on ne sait plus si on préfère la Grand-Place ou celle du Bourg qui est presque contiguë.

(Clic !)

Ah ! la place du Bourg, avec à droite la basilique du Saint-Sang qui abrite la relique du Sang du Christ rapporté des croisades par le comte de Flandre, la flamboyante façade gothique de l’Hôtel de Ville, la façade Renaissance de l’ancien Greffe et le palais néoclassique du Franc de Bruges…

C’est beau à toute heure !

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Nous avons beaucoup aimé la chapelle St-Basile, sous la basilique du Saint-Sang ; une chapelle romane très basse avec d’énormes piliers à laquelle on accède par une porte presque dérobée.

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Nous avons été impressionnés par la chapelle du Saint-Sang à laquelle on accède par un très bel escalier. Elle est magnifiquement décorée par des peintures murales du 19° s. La chaire de vérité, qui date de 1728, est curieuse ; elle représente le globe terrestre avec, à sa base, une zone dite : terra incognita…

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Et nous avons beaucoup aimé déambuler le long des quais et admirer, depuis les ponts qui les enjambent, les perspectives offertes par les canaux.

Par contre, nous n’avons pas été convaincu par la visite en bateau. Un peu brève, surtout au niveau du commentaire…

 

Nous souhaitions aussi voir des dentellières au travail ; alors nous sommes allés au Centre de la Dentelle qui jouxte l’église de Jérusalem et sa remarquable tour à lanterne. Nous avons visité un tout petit musée installé dans des maisons-Dieu et surpris un groupe de dentellières expérimentées regroupées dans une grande pièce pour travailler. Derrière elles, des jeunes filles s’initiaient aux techniques de la dentelle. Visiblement la tradition reste vivace et se perpétue !

Maisons-Dieu avons-nous dit. Encore une belle découverte. Elles sont très nombreuses à Bruges et ont été construites entre le 15° et le 18° s. Il s’agissait, en quelque sorte, d’asiles pour vieillards ou pour miséreux financés par les corporations. Cela rappelle les béguinages, mais en beaucoup plus petit et plus simple encore. Ce sont des petites maisons mitoyennes en briques blanchies à la chaux avec, en façade, une porte et une fenêtre surmontée d’une lucarne. Souvent elles entourent une cour comprenant des jardins et un puits, mais parfois elles donnent directement sur la rue.

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Aujourd’hui, il semble de bon ton d’en acheter deux pour en faire une. Ces groupes de maisonnettes sont disséminés dans toute la ville et pas toujours très visibles. Nous sommes partis à leur recherche en traversant la ville en tous sens pour franchir des portes entrebâillées ouvrant sur des petites cours ; nous nous  sommes parfois retirés discrètement pour ne pas déranger de vieilles personnes et nous avons découvert des lieux enchanteurs. Un bon souvenir.

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Mais nous allions conclure sans vous parler du spectacle le plus saisissant de notre séjour à Bruges !

Non il ne s’agit pas de la centaine de cygnes qui s’ébattent dans les canaux, et qui sont entretenus pas les habitants de Bruges -sur ordre de Maximilien d’Autriche- parce qu’ils avaient osé, en 1448, l’emprisonner et décapiter son conseiller dont les armes comprenaient un cygne…

En fait, nous étions par hasard à Bruges le jour de l’Ascension, ce qui nous a permis d’assister à la célèbre procession du Saint-Sang.

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C’est une des principales fête de Bruges. À 15 heures, chaque année et depuis des siècles maintenant, la relique du Saint-Sang est portée en procession dans les rues de la ville, précédée par le clergé, les notables et les innombrables confréries religieuses de Bruges qui sont accompagnées de chars et de groupes costumés représentant des épisodes de la Bible et du retour de la deuxième croisade… C’est un peu long mais haut en couleurs et parfois très humoristique. Pour l’occasion, et c’est sans doute le seul moment de l’année, les touristes sont submergés par les Flamands qui envahissent en foule les rues et les places pour assister à la procession avec toute la retenue et le calme qui les caractérisent.

 

Étonnant !

 

Et aujourd’hui justement, une pensée pour les belges qui passent aux urnes pour élire leur gouvernement. Nous espérons que la Belgique résistera et qu’elle restera comme on l’aime, Wallone et Flamande à la fois, riche de sa diversité, oubliant ses adversités… Pour comprendre et avoir plus d’informations, vous pouvez aller voir ICI.

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