A travers la Cantabrie…

 

C’est sans s’en apercevoir qu’on entre en Cantabrie car le paysage ne change pas. Mais la langue si.

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Habitée depuis le paléolithique, la Cantabrie c’est un peu le Périgord espagnol, avec de nombreuses grottes préhistoriques. C’est aussi le pays des Cantabres, peuple celte exterminé par les Romains au terme d’une résistance acharnée à l’invasion. Au Moyen Age c’est l’un des principaux itinéraires du chemin de Saint Jacques de Compostelle car la côte, abritée par les montagnes, est restée à l’abri des invasions arabes. Oubliée ensuite pendant des siècles, la Cantabrie renaît avec le développement du tourisme au XIX° siècle (l’architecture balnéaire Cantabre est l’une des plus intéressante de la côte). L’absence d’industrie en fait aussi une des régions les plus préservées d’Espagne. Avec ses 291 Km de côtes, bordées au sud par la cordillère Cantabrique, c’est une succession de baies magnifiques et de longues plages de sable fin. De la Cantabrie, ses habitants disent qu’elle est « le parfait mariage entre la terre et l’eau ».

 

Nous avions choisi d’y rentrer par l’intérieur des terres en faisant un détour par l’étonnant Mirador Cañón del Nervión. Même si les 300 mètres de chute d’eau sont généralement à sec l’été, le site est impressionnant. Et puis nous y avons découvert ce qu’est un « Lobera », ou plutôt ce que sont des « loberas », à savoir des pièges à loup ancestraux, sorte d’entonnoir conduisant à une fosse où les loups, poursuivis par les chasseurs vociférants, venaient se jeter.

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Mais reprenons « El Camino ». Le long de la côte, la première étape c’est Castro Urdiales, petit village de pécheurs devenu station balnéaire dès 1880 d’où une architecture XIX° quasi Art Nouveau qui mérite une halte.

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Ce joli port de pêche, important depuis l’époque romaine et le Moyen Age, a bénéficié d’un privilège royal l’autorisant à vendre du sel. D’où son expansion.

 

La partie ancienne de Castro Urdiales ne manque pas de charme avec sa cathédrale gothique, son château fort transformé en phare et, en contrebas sur le port, la Mesón del Marinero considérée comme l’un des meilleurs restaurants de Cantabrie pour son poisson, pêché du matin, sa salade de calamars frits au jambon et, en dessert, sa leche frita (pain perdu fourré)… Mais à 30 euros le repas, ce sera pour une autre fois !!!

   

L’église Nuestra Señora de Castro (ou Santa Maria) date des débuts du gothique espagnol (XIII°). C’est le plus important édifice gothique de la Cantabrie.

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Caractérisée par ses trois nefs flanquées de chapelles, cette église – située dans une ancienne enceinte fortifiée non loin d’une chapelle romaine et d’un fort construit par les Templiers – présente un intérieur sobre et clair (les arches ont été rajoutées au XVI° pour éviter qu’elle s’effondre) et, au fond derrière l’autel, une superbe Vierge en pierre polychrome elle aussi du XIII° siècle. Cachée par un prêtre durant la guerre civile, elle a été retrouvée en 1950 par des enfants qui jouaient au foot derrière l’église.

 

Dommage que l’église Nuestra Señora de Castro soit tellement abîmée par le vent, la mer et le sel et que le fort des templiers ne se visite pas.

Plus loin, toujours en longeant la côte, Laredo, qui fut un port très apprécié par les jacquets au Moyen-Âge, est célèbre pour sa plage de 6 Km bordée d’immeubles neufs qui ferme presque complètement la baie, étrange virgule de sable dédiée aux plaisirs nautiques. Bien que phagocyté par la station balnéaire (c’est la capitale de la Costa Esmeralda) elle possède, plongeant vers le vieux port, un quartier ancien, agréable à visiter quand il fait chaud.

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Les ruelles étroites et fraîches mélangent maisons roturières et palais blasonnés.

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En bas, l’ayuntamiento du XVI° avec sa galerie sous trois voûtes en plein cintre et sa girouette en forme de bateau est très beau. Le reste beaucoup moins !

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Non loin de là et toujours sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, Santoña et sa presqu’île, le Monte Buciero où ont été construites, au fil du temps, de nombreuses forteresses pour se protéger des pirates… et des Français ! À signaler, une belle plaza de toros, en pierres récupérées de l’ancienne enceinte de la ville, une étrange capitainerie moderne : comme un bateau sortant des flots… et un pécheur sympathique quoiqu’un peu taciturne qui s’est bien entendu avec nous.

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Santander, capitale de la Cantabrie, est à une heure de route. Ravagée par un incendie en 1941, Santander a été reconstruite et doit sa célébrité au fait qu’elle est l’un des premiers refuges estivaux de la famille royale et de l’aristocratie espagnole. Le palais Magdalena, sur la péninsule du même nom, fut construit en 1908 et offert au roi Alphonse XIII en 1912. La plage la plus célèbre est celle de Sardinero qui accueille depuis le XIX° tout le jet-set espagnol.

Située à l’embouchure d’une baie profonde malheureusement enlaidie par les bâtiments industriels, sa cathédrale n’a guère d’intérêt, sinon sa position en hauteur et son cloître refait à l’identique après l’incendie qui ravagea la ville.

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L’église du Cristo, crypte située juste en dessous, est elle tout à fait remarquable. Cette église romane du XII° siècle, avec ses trois nefs basses séparées par de solides piliers cruciformes, est très belle (mais on n’a pas le droit de faire des photos).

 

Sinon, le paseo de Pereda et la presqu’île de la Magdalena encadrée par ses plages doivent être agréables… Quand il ne pleut pas.