En longeant la Côte de la Mort…

De Lugo, on pouvait rejoindre directement Saint Jacques de Compostelle, mais il eut été dommage de ne pas pousser jusqu’à La Corogne pour prendre la route de Saint Jacques par le Finisterre.

Région parmi les plus désertiques de la Galice, riche de calvaires et d’hórreos en pierre, côte de naufrageurs (les habitants n’hésitaient pas à allumer des feux pour tromper les navires au large paraît-il) et en tout cas de naufrages (140 en 100 ans…), on la surnomme « côte de la mort »… mais certains pensent que ce nom lui vient des grecs qui chaque soir, admiraient de là le soleil retourner au pays des morts.

Au-delà de A Coruña, nous nous sommes arrêtés à :

Buño

C’est un village de potiers. A droite de la route en sortant de Buño, direction Ponteceso, nous avons laissé la voiture pour aller à Forno Novo : atelier de potier du XVI° siècle restauré.

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On se serait cru chez les Canuts !12 personnes dans la même pièce, avec l’âtre, le four à pain et le tour du potier mais pas de cheminée (la fumée traverse les planches disjointes du plafond pour sécher les poteries).

Dehors, un four à ciel ouvert où l’on cuisait la production de 4 mois. Et tout cela fonctionnait encore dans les années 50 !  

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Bien sûr nous avons trouvé, dans le village pourtant bien calme, deux poteries à acheter !

Camariñas

Ce petit port n’est guère plus beau que les autres, mais il a pour spécialité la dentelle (Il n’est en Galice de belles dentelles que de Camariñas).

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Nous avons pu regarder une dame âgée travailler sur un métier très long que l’on pose sur les genoux et sur le dossier d’une chaise. La dame était habile et la dentelle très fine.

Nous avons emporté ce petit souvenir :

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Cabo Vilán

 

Un peu plus loin, le cap Vilán offre un beau panorama sur la côte et son phare à fière allure, c’est l’un des plus importants d’Espagne.

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Le petit musée à son pied, essaie de persuader les visiteurs que non, les autochtones ne sont pas des naufrageurs et que les efforts qu’ils ont déployé pour dresser ce phare montrent qu’au contraire, ils se sont efforcés de sécuriser une zone rendue très dangereuse par les nombreux récifs.

Cela n’empêchait pas les prêtres de prier pour que les marées soient… « fructueuses » !

En suivant le bord de mer, on arrive ensuite au Sanctuario da Virxe da Barca qui offre une très belle vue sur la ria de Camariñas.

Ce sanctuaire du 18° s. à l’apparence austère contient un magnifique retable que l’on aperçoit à travers la porte grillagée (car, comme bien souvent, c’est fermé…).

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Pour respecter la tradition qui chaque année, à la mi-septembre, réunit les pèlerins dans ce but, il faut passer sous la Pedra dos Cadris et essayer de faire bouger la Pedra de Abalar.

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Nous n’y sommes pas arrivés et n’avons pas pu, non plus, ébranler les pierres dressées en mémoire de la marée noire qui, il y a quelques années, s’est déversée sur ces côtes.

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Ultime étape avant d’atteindre le point le plus occidental de notre voyage, le petit village de Curcubion a du charme avec son port ancien mais toujours actif et ses maisons à blasons.

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Et nous voici au Cap Finisterre qui a la prétention d’être le point le plus occidental de l’Europe.

C’est le seul lieu véritablement touristique de la côte de la mort, avec ses marchands de rien à côté du parking.

Ici les pèlerins brûlent leurs chaussures ou leurs tee-shirts sous les cornes de brume de « La Vaca » et le regard un brin moqueur des galiciens.

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Ici, de l’Ara Solis, endroit où l’on adorait le soleil, on peut à l’heure où il se couche chercher à voir, comme le faisaient les légionnaires romains, le  « rayon vert ».

 

Qui finis terra… Ici finit la terre connue des anciens, qui ignoraient ou ne voulaient pas faire savoir qu’en face, au-delà de l’horizon liquide, il n’y avait pas le monde des morts mais le nouveau monde… Boston quoi !

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Mais il est temps de faire route vers Santiago, non sans une halte indispensable à Carnota qui s’enorgueillit de posséder la plus belle plage de la région (6 km de long sur 1 km de large) le long de la lagune de Caldebarcos. C’est une plage protégée : on y accède en utilisant un plancher en bois qui surplombe la dune afin de ne pas abîmer la flore, ni faire fuir la faune lagunaire.

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Mais, très important aussi, Carnota est fière d’abriter le plus long des hórreos de Galice.

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Construit en 1760, il mesure 34,76 mètres de long (juste un peu plus paraît-il que celui du village voisin avec lequel les habitants étaient en compétition). Il faut dire que, dans ce pays, c’est au nombre et à la taille des hórreos que l’on mesure la richesse de la population…