Cinque Terre

 

rg3suuouqb32pnokdblldj-szcuPour qui habite au coeur des Alpes, rien n’est plus agréable que de descendre vers le sud et la mer aux premiers beaux jours. C’est comme si on s’offrait un petit bout d’été.

Cette année, nous avons voulu inaugurer la saison des voyages en allant vers les Cinque Terre en Italie.

Nous étions un peu inquiets car notre dernière tentative – il y a quelques années à peu près à la même époque – c’était soldée par un échec : un brouillard à couper au couteau qui nous avait juste permis de comprendre sans le voir que la montagne tombait dans la mer. Bref, nous avions fui en nous promettant de revenir voir !

 

Cette fois-ci, ce fut réussi !

 

Depuis l’An mille des générations d’hommes et de femmes ont aménagé ce petit bout de la côte
Ligure qui va de Monterosso del mare à Riomaggiore.

Il y a là « Cinque Terre », c’est-à-dire cinq villages agrippés à la montagne qui n’étaient ykyyjt4guxhxz5kgkjxqcfv5b6qaccessibles que par des chemins muletiers jusqu’à la création d’une voie de chemin de fer reliant Gênes à La Spézia dans les années 1920-1930, puis d’une route en corniche permettant de descendre en voiture jusqu’aux villages dans les années 1990. Autant dire que c’était hier et que les habitants ont encore un pied dans la vie d’autrefois, même si cela évolue très vite manifestement.

 

Les « Cinque Terre », c’est d’abord un paysage de « restanques » soutenus par environ 7000 Km de murs en pierres sèches sur lesquelles poussent des oliviers, de la vigne, des citronniers et des herbes médicinales.

Inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1997 c’est, depuis 1999, un Parc National.

Ce sont aussi cinq villages accrochés à la côte.

 

Du Nord-Ouest  au Sud-Est : Monterrosso del mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore tous plus colorés les uns que les autres.

 

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Nous avons choisi comme point de départ Monterosso del mare ;  le seul village qui comporte une plage et un bord de mer. Très fréquenté le jour, sa capacité d’accueil limitée en fait un havre de paix le soir.

C’est un bourg sympathique, avec une belle église, un vieux quartier pittoresque et une promenade de bord de mer très fréquentée.

De là on peut prendre, à pied, le chemin côtier qui mène jusqu’à Riomaggiore en allant – c’est son avantage – du plus dur au plus facile, mais aussi – et ça c’est peut-être moins bien – du plus sauvage au plus fréquenté.

 

À noter que l’accès aux sentiers est payant ce qui énerve un peu au début. Mais on finit par le comprendre au vu de l’entretien nécessaire.

 

pjosbbk795pujql7lgatq7dc2usCette promenade, car c’est une promenade même si certains passages sont abrupts, est un ravissement. Le chemin longe les « restanques », se glisse entre les vignes, s’accroche aux rochers pour surplomber la mer, offrant à chaque pas des points de vue et des échappées magnifiques. On y admire tout à la fois le travail de l’homme et celui de la nature et l’on s’émerveille du courage et de l’opiniâtreté des Ligures qui ont choisi de s’établir là et de rendre cultivable cette côte inhospitalière.

 

Quatre des cinq villages qui bordent cette côte sont au bord de la mer et sont construits autour d’une rue principale qui recouvre un cours d’eau se jetant dans la mer et débouche sur une crique où l’on peut mettre au sec les barques. Les maisons aux couleurs pastels se superposent de part et d’autre de la rue principale en s’agrippant au coteau. A Riomaggiore et à Manarolla, la crique est si petite que les pécheurs remontent leur bateau dans la rue jusque devant leur maison !

 

Tout cela est très beau et très attachant.skbbtzckslqodgj6mi-q-pnrh74

 

En pratique il nous a fallu 7 heures pour marcher, sans nous presser et en nous arrêtant souvent, du premier village au cinquième. Chemin faisant nous avons goûté aux spécialités locales qui sont nombreuses et savoureuses. Le vin est bon, les olives, les citrons et les glaces  aussi, sans parler des anchois à déguster sur un morceau de pain huilé parsemé d’éclats de beurre… un régal !

 

pzibdieriokzrlilrcv-3yfx8emCe qui est rassurant c’est que les villages ne sont distants les uns des autres que de une à deux heures et que dans chaque village vous pouvez vous arrêter et prendre le train pour rentrer très vite et pour trois fois rien au village de votre choix. Cela jusque tard le soir. Qu’il fasse nuit n’est d’ailleurs pas grave puisque la voie du chemin de fer va de tunnel en tunnel et n’offre que très brièvement des échappées sur la mer.

 

Dernier point, fondamental. Si vous empruntez en couple le chemin qui relie Riomaggiore à js3ijl4t_d0kljn7x2_vwxwpzf4Manarolla et qui se nomme Via dell’Amore, n’oubliez de vous munir d’un cadenas à clé (pas à code, à clé). C’est indispensable. Il est en effet de notoriété publique – à défaut d’être avéré – que tous les amoureux qui ont emprunté ce chemin et qui, à proximité de la sculpture représentant deux amants s’embrassant, ont accroché leur cadenas avant d’en jeter la clé à la mer, sont restés amoureux à jamais. Ça vaut le coup d’essayer, d’autant que ça ne peut pas faire de mal !

 

 

Profitant de ce que le vent était moins fort, nous avons aussi pris le bateau qui va de Monterosso jusqu’à Porto Venere lorsque le temps est clément. Ce jour-là il y avait encore trop de houle pour accoster dans les villages chemin faisant, mais nous avons pu admirer la côte vue du large. C’est une autre vision.

 

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Cela nous a aussi permis d’aller jusqu’à Porto Venere qui mérite vraiment qu’on s’y attarde.

 

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C’est une petite ville d’aspect sévère dominée par une imposante citadelle qui a gardé de très anciennes maisons (12° s) – certaines, en bord de mer, fortifiées par les Génois – et deux églises intéressantes. L’une, San Lorenzo, du 12°, l’autre, San Pietro, comportant des parties plus anciennes (6° siècle) et même des traces d’un temple antérieur au christianisme.

 

Du sommet de la ville, on a une vue magnifique sur la baie des poètes et Lerici, autre petit port exbchvcs9-ntcsophmbrw5nls2isympathique qui fait face à Porto Venere. (On parle de la baie des poètes car Byron et bien d’autres y vinrent en villégiature).

 

Un très joli petit tour qui fait tout de même question car si la côte est protégée et le tourisme contrôlé, si cette ouverture au monde donne du travail aux enfants du pays qui ne sont plus obligés de s’exiler, comme par le passé, jusqu’aux Etats-Unis, qu’en est-il de « l’âme » des « Cinque Terre » ? Les habitants auront-ils le courage de continuer comme par le passé à travailler dur pour maintenir en état leurs « restanques » et les cultiver ? Sauront-ils résister à la facilité et profiter du tourisme sans en faire leur unique moyen d’existence ?

Ils s’y emploient visiblement, mais on peut tout de même être inquiet.

 

Une chose est sûre : les « Cinque Terre » ont encore un pied dans le passé et nous permettent d’entrevoir ce que fut la côte Ligure avant les vacances, les stations balnéaires, le tourisme et… les congés payés !

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À revoir au moment des vendanges lorsque les engins à crémaillère qui grimpent presque à la verticale de vignes en vignes fonctionnent et transportent le raisin.

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