Visite du Temple du facteur Cheval

Je parle de temple car c’est bien de cela qu’il s’agit ; ce n’est qu’après coup et pour reprendre l’expression d’un poète de son temps que Ferdinand Cheval a nommé « Palais idéal » ce qu’il décrivait à l’origine comme un « Temple de la nature ».

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Et que ce temple de la nature soit son palais idéal ne doit pas nous faire oublier l’intention première. Le facteur Cheval a d’abord voulu ériger un temple à la nature et puis, progressivement, il y a introduit les oeuvres humaines transformant son temple en palais vide et inhabitable où il eut bien voulu reposer à jamais avec sa fille. Mais cela n’était pas possible… alors il a édifié son tombeau dans le cimetière. N’est pas pharaon qui veut !

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A l’évidence, Cheval n’était pas architecte : son palais n’a même pas de fondations ! Et sans doute a-t-il vu des images d’Angkor. Mais ne nous trompons pas ; Ferdinand Cheval n’a copié personne et a puisé dans la nature et dans son imagination les formes qu’il réalise en maniant la chaux comme il maniait la farine lorsqu’il était boulanger. Et si telle statue évoque irrésistiblement un détail de la Sagrada Familia de Gaudi ce n’est probablement pas parce qu’il s’en est inspiré mais plutôt parce que, comme Gaudi et bien d’autres, il a puisé ses modèles dans la nature.


Encore faudrait-il nuancer cette affirmation et bien comprendre ce qu’il dit de sa « pierre d’achoppement » :
« Elle était de forme si bizarre que je la ramassai et l’emportai. Je retournai le lendemain au même endroit et j’en trouvai de plus belles qui, rassemblées sur place, faisaient un joli effet. Cela m’enthousiasma. Puisque la nature, me suis-je dit alors, me fournit les sculptures, je me ferai architecte et maçon.

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Au commencement donc, Ferdinand Cheval ne sculpte pas, il met en scène les oeuvres de la nature, en révèle les images. Il ne crée pas des formes mais présente celles qu’il trouve dans la nature. Ce n’est qu’ensuite qu’il représente un temple hindou, la maison blanche et la maison d’Alger… Je peux me tromper, mais il me semble qu’à ce moment l’homme devient démiurge, le facteur artiste… et le temple palais !

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Pour nous qui errons dans ce palais improbable, la séduction est totale et le plaisir indicible. Difficile de dire pourquoi on aime cet édifice qui ne ressemble à rien mais nous parle de tout et de nous dans chacun de ses innombrables recoins.


Sans doute est-ce Murielle qui, en 1997, a su le mieux traduire l’intrigante magie du lieu lorsqu’elle écrit dans le livre d’or :
 » Roudou, il aimerait avoir une maison comme ça, pourtant, c’est pas très symétrique, et Roudou il aime la symétrie ».

 

 

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