Un grand week-end à Barcelone

Barcelone est une ville ramassée qui se visite aisément à pied et qui présente une grande diversité. Mais pas question en trois jours de viser l’exhaustivité ! Nous avons remis à d’autres séjours mille curiosités et nous sommes surtout intéressés à la Rambla, le Barri Gotic et l’incontournable Gaudi.

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Edifiée entre le 15° et le 17° siècle sur un ancien torrent qui marquait la limite occidentale de la ville, La Rambla (de l’arabe ramla qui signifie sable) descend de la Plaça Catalunya à la Plaça Portal de la Pau. Elle est devenue au 19° siècle la célèbre promenade que l’on connaît aujourd’hui, refuge des saltimbanques en tous genres.


Sur le chemin, nous avons beaucoup aimé l’Hospital de la Santa Creu, ensemble architectural civil où ont été regroupés, en 1401, les services sanitaires de Barcelone et qui abrite aujourd’hui l’Institut d’Études Catalanes.


Non loin de là, le Mercat de Sant Nosep ou marché de la Boqueria avec ses étals colorés mérite le détour, tout comme la Plaça Real  réalisée entre 1840 et 1850 d’après les plans de Molina qui s’inspira, dit-on, à la fois des boulevards français et des places castillanes. Les réverbères que l’on doit à Gaudi et le petit bois de palmiers sont du plus joli effet.

Tout en bas, dominant le vieux port et la Rambla de Mar du haut de sa colonne de 50 mètres, Christophe Colomb pointe le doigt non pas vers l’Atlantique, comme on pourrait s’y attendre, mais vers la Méditerranée source de la richesse de la ville.


Dans le bassin que surplombe le téléférique qui relie le quartier Miramar, sur la colline de Monjuïc, à la Torre San Sebastian, flottent de bien sympathiques personnages les yeux plantés dans le soleil.

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Du Barri Gotic il faudrait tout décrire, à commencer par la Plaça Sant Jaume où l’on trouve ces deux symboles de la grande Barcelone du 14° siècle : l’Ajuntament (Hôtel de ville) et le Palau de la Generalitat qui abritait une commission du parlement catalan constitué de deux représentants de chaque classe (clergé, noblesse et bourgeoisie urbaine) et chargée de percevoir les impôts.


À quelques pas, dans un cloître où quatre galeries aux voûtes en croisées d’ogives servent d’écrin à un patio dont les palmiers, les magnolias, les néfliers et les orangers enserrent une fontaine dédiée à Saint Georges, patron de la Catalogne et de l’Aragon, les oies de la cathédrale consacrée à Sainte Eulalie nous accueillent.

Elles sont au nombre de treize pour symboliser l’age d’Eulalie lors de son martyre et utilisent comme abreuvoir un ancien et magnifique urinoir du 15° siècle qui héberge aussi des poissons rouges et des tortues. Lorsque – et ce fut le cas – un violent orage inonde tout cela, c’est féerique !

Mais cela ne doit pas détourner de la cathédrale, vraiment belle avec ses trois nefs très hautes et soutenues par des piliers très fins dans le plus pur style gothique catalan.

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A droite en sortant, la rue dels Comtespoir conduit à ce qui nous a paru être le véritable cœur de ce quartier, la Plaça del Rei cernée par quelques-uns des plus imposants bâtiments médiévaux de la ville. Au fond le Grand Palais Royal avec, sur sa gauche, le Mirador del Rei Marti et le Palau del Lloctinent et, à droite, la chapelle Sainte-Agathe que prolonge la maison Clariana-Padellas.

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Impressionnant !

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C’est une question de goût, mais la frise en béton décorée de sgraffites du Collegi d’Arquitectes sur la Plaça Nova, bien que de Picasso, nous a moins marqués.

Voilà pour le premier jour.

Nous avons consacré notre deuxième journée à Gaudi.


Gaudi, c’est l’emblème du Modernisme, cette version catalane d’un mouvement que l’on nomme Art Nouveau en France, Modern Style en Angleterre et Jugendstil en Allemagne. Et l’Eixample (l’élargissement) est le quartier de Barcelone où ont été construits, entre 1890 et 1920, les principaux bâtiments représentatifs de ce style.

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Il faut, à partir de la Plaça de Catalunya, remonter le Passeig de Gràcia que borde les lampadaires dessinés par Pere Faqués en 1900 et dont Josep Plà écrivait :

« Un de ses charmes les plus évidents lui vient de son plan incliné, doux mais marqué. Les rues légèrement en pente, juste ce qu’il faut, rendent élégant le pas de ces dames, donnant à leurs mouvements une certaine grâce élancée. Dans ce sens, le Passeig de Gràcia a beaucoup fait pour la ville. »

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Il faut remonter cette rue jusqu’à ce pâté de maison que l’on nomme la Manzana de la Discordia (en jouant sur le double sens de manzana qui veut dire à la fois pomme et pâté de maison). Là se côtoient les réalisations des trois principaux architectes du Modernisme : Puig i Cadalfach, Domènech i Montaner et Gaudi.

Et il ne faut pas reculer devant la longueur des files d’attentes à l’entrée de la Casa Batllo et de la Casa Mila surnommée La Pedrera car, même si l’on préfère l’architecture classique , la visite de ces deux maisons édifiées par Gaudi ne peut pas laisser de marbre. Quels que soient ses goûts, l’admiration est garantie au bout !

Et sans doute faut-il commencer par là si l’on veut apprécier à sa juste valeur la Sagrada Familia. Car autant les immeubles témoignent d’une unité de style qui intègre jusqu’au moindre bouton de porte, autant la Sagrada Familia donne l’impression, à première vue, d’un fouillis d’influences multiples.

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La diversité architecturale est déroutante. Que la cathédrale soit encore en chantier accuse cette singularité en rendant difficile une vue d’ensemble qui permettrait d’en concevoir l’unité. À la façade de l’abside, d’inspiration néogothique, s’oppose la façade de la Gloire impossible à cataloguer
.

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A la façade de la Passion, tristement anguleuse, répond celle de la Nativité où triomphe l’exubérance de la nature et qui fait penser, par certains détails, à l’art brut et au Palais Idéal du facteur Cheval. Submergés par mille détails on en oublie le caractère extrêmement novateur des techniques architecturales utilisées, et bien souvent inventées, par Gaudi et l’on reste saisi… et perplexe aussi.

 

Heureusement, sauf accident, nous devrions pouvoir revenir la voir quand elle sera terminée dans quelques années !

 

Un peu plus haut, il y a le Parc Güell où les maisons sont des champignons et les bancs un gentil serpent ; un parc dont les portes s’ouvrent sur un monde onirique gardé par un dragon inquiétant mais accueillant revêtu de trencadis. Dommage que Gaudi n’ait pas pu terminer cette cité-jardin où l’on se sent si bien.

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Il nous fallait bien un jour de plus pour flâner dans les rues, visiter la Fondation Miro d’où nous sommes ressortis avec une vision beaucoup plus nuancée de cet artiste emblématique et nous promener dans le quartier de la Ribéra.

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Dans ce quartier sympathique, outre les tapas, il ne faut pas manquer le Palau de la Musica Catalana, chef-d’œuvre du Modernisme et symbole de la bourgeoisie catalane des années 1900 et l’église Santa Maria del Mar qui illustre admirablement les deux réussites de l’architecture gothique catalane : l’épuration des formes et l’amplitude de l’espace intérieur.

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Nous reviendrons !